12 avril 2009

Ponyo

Dans un présent de synthèse, de 3D, de HD, de geek, de noirceur, certains prennent encore le temps de courir sur les poissons. Dans ce monde là, Ponyo sur la falaise propose ce qui manque cruellement à notre réalité numérique dématérialisée : de la poésie, de l'humanité, et de l'eau. L'animation traditionnelle n'a jamais été aussi belle que dans le dernier film d'Hayao Miyazaki, au point qu'on se demande comment Disney a pu enterrer si vite sa formidable puissance d'évocation. De chaque mouvement des corps, du plus petit embrun, naît la vie, la sensation, la narration. Ponyo est un régal visuel, et aucun film d'animation en synthèse n'a jamais été aussi riche. Mais ce qui impressionne le plus, c'est l'équilibre entre la technique et l'histoire. Plus qu'une association, c'est même une symbiose. Il n'y a aucune facilité dans Ponyo, aucune recette : il y a une oeuvre réalisée, maîtrisée, et totalement aérienne, légère. Sans artifice ni couture. De la beauté nue, simple, parfaite.

4 commentaire(s) pertinent(s):

Framboise a dit…

Super, j'ai justement prévu d'aller me régaler avec Ponyo demain, je savais bien qu'il n'y aurait pas de déception !

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord.
Rien à ajouter.

Et pour ceux qui pensent qu'il ne se passe rien dans le cinéma français, mis à part "Welcome", ne laissez pas passer "35 rhums" de Claire Denis. Une autre vision de RER, cette fois-ci sans histoire extraordinaire. Délicieux.

Anonyme a dit…

Aux amateurs de filmes culte, ne loupez pas "Lola Montès" de Max Ophüls.

La restauration faite sous la direction de la Cinémathèque française est une merveille et c'est tout autre chose de voir ce chef d'oeuvre sur grand écran que ses précédentes versions à la télévision.

Mais une chose me tracasse. Il ne me semble pas avoir lu le nom de Peter Ustinov (Monsieur Loyal) dans le générique de début. Ai-je mal vu ? Et sinon, quelqu'un peut-il m'expliquer cette absence ?

Anonyme a dit…

C'est fait, j'ai vérifié : le grand Peter Ustinov, décédé en 2004, figure bien au générique de Lola Montès. Ouf !